Ceux qui ont récemment surveillé le marché du dollar américain doivent avoir ressenti que les attentes de baisse des taux d’intérêt sont vraiment fluctuantes. Depuis 2026, les données non agricoles restent solides, et l’inflation n’est pas aussi maîtrisée qu’on le pensait, le marché a donc ajusté ses prévisions pour la Réserve fédérale, passant d’un « assouplissement rapide » à une trajectoire de baisse des taux « lente, tardive et limitée ». Certaines institutions pensent même que les taux pourraient rester inchangés toute l’année, avant un changement de politique en 2027.



Cette incertitude se reflète directement sur le taux de change du dollar. Actuellement, l’indice du dollar oscille entre 90 et 100, sans direction claire. Mais si l’on regarde les années passées, l’époque de la force du dollar est progressivement révolue. Vous vous souvenez du cycle de hausse des taux de 2022 à 2023 ? L’indice du dollar a atteint un sommet historique de 114, puis a commencé à descendre, avec une baisse cumulée de 15 % jusqu’à présent. En 2025, il a même enregistré la plus forte baisse annuelle depuis 2017.

J’ai remarqué un phénomène intéressant : la posture hawkish de la Fed semble très ferme, mais en réalité, elle est surtout guidée par les données, plutôt que par un début de nouvelle phase de hausse structurelle des taux. Tant que l’emploi et l’inflation ralentissent dans les prochains trimestres, la politique pourrait encore se tourner vers l’assouplissement. C’est pourquoi je pense que le dollar sera probablement plus volatile dans la fourchette haute, avec une tendance à la faiblesse, plutôt qu’une dépréciation massive unidirectionnelle.

Cela ne signifie pas que le dollar va continuer à baisser indéfiniment. Tant que des risques financiers mondiaux ou des conflits géopolitiques apparaissent, les capitaux continueront à revenir vers le dollar, qui reste en essence la monnaie refuge la plus importante. N’oubliez pas non plus que la tendance du dollar ne dépend pas uniquement des États-Unis, mais aussi de la performance relative des autres monnaies. Si l’Europe réduit ses taux plus lentement ou si le Japon maintient une politique plus accommodante, l’avantage relatif du dollar pourrait encore se maintenir.

Historiquement, de fortes fluctuations du dollar sont souvent liées à des événements économiques majeurs. Lors de la crise financière de 2008, les capitaux ont massivement afflué vers le dollar. Pendant la pandémie de 2020, la Fed a injecté massivement de l’argent, ce qui a temporairement affaibli le dollar, avant qu’il ne rebondisse avec la reprise économique. L’histoire de cette fois est un peu différente. La dédollarisation est une tendance réelle à long terme, avec l’émergence de l’euro, du yuan, des futures sur le pétrole, et des cryptomonnaies qui remettent en question la domination du dollar. Beaucoup de pays perdent confiance dans la dette américaine et achètent de l’or à la place. Mais ce processus est lent, sur plusieurs années, et à court terme, le dollar reste difficile à remplacer dans le système de réserves et de règlements mondiaux.

Les mouvements du dollar ont un impact considérable sur différents actifs. En général, un affaiblissement du dollar profite à l’or, car l’or est libellé en dollars, et une baisse du dollar réduit le coût d’achat de l’or. La baisse des taux américains stimule aussi souvent les flux vers le marché boursier, notamment dans la technologie et la croissance. Le marché des cryptomonnaies en bénéficie également, car lorsque le dollar perd du pouvoir d’achat, les capitaux cherchent des actifs contre l’inflation, et le bitcoin, en tant qu’or numérique, devient plus attractif.

En observant la performance des principales monnaies face au dollar, le yen pourrait s’apprécier si le Japon met fin à ses taux ultra-bas, ce qui pourrait faire baisser le dollar face au yen. Le dollar taïwanais devrait s’apprécier, mais pas de façon trop marquée, car les taux locaux suivent généralement ceux du dollar, tout en tenant compte de facteurs internes. L’euro est relativement plus fort que le dollar, mais l’économie européenne étant fragile, si la BCE ralentit la baisse des taux, le dollar pourrait s’affaiblir légèrement sans dépréciation majeure.

Pour saisir les opportunités de trading liées aux fluctuations du dollar, à court terme, il faut suivre de près les données comme l’IPC, l’emploi non agricole, et les réunions du FOMC, qui influencent les attentes de taux. Le trading de swing peut s’appuyer sur les niveaux de support et de résistance de l’indice du dollar, en tenant compte des différences de politique monétaire entre les pays. Pour l’investissement à moyen et long terme, il est conseillé d’utiliser l’or, le marché des devises, et d’autres actifs pour diversifier le risque de fluctuation du dollar. Lorsqu’il est en haute volatilité ou en phase de faiblesse, ces stratégies aident à équilibrer le portefeuille global. Plutôt que d’attendre passivement les fluctuations, il vaut mieux anticiper et suivre la tendance.
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