Je me suis récemment concentré sur la tendance du dollar américain face au yen japonais, et pour être honnête, cette dépréciation du yen a été assez brutale. Jusqu'à la fin mai, le taux de change USD/JPY oscillait entre 152 et 160, et le taux de change effectif réel a même atteint un niveau historiquement bas en près de 53 ans, ce qui est vraiment déconcertant.



En analysant attentivement pourquoi cela se produit, en réalité, c'est l'accumulation de plusieurs facteurs structurels. Tout d'abord, l'écart de taux d'intérêt entre les États-Unis et le Japon ne cesse de s'élargir. La Banque du Japon a augmenté son taux à 0,75 % en décembre dernier, mais la Réserve fédérale américaine maintient des taux plus élevés, ce qui entraîne des opérations d'arbitrage fréquentes — tout le monde emprunte en yen pour investir en actifs américains, ce qui entraîne une vente massive de yen. De plus, le nouveau gouvernement japonais a lancé d'importantes mesures de relance fiscale, augmentant l'émission de dette publique, ce qui inquiète le marché quant aux risques fiscaux, exerçant une pression supplémentaire sur le yen.

La situation au Moyen-Orient est également un problème. Le Japon dépend fortement des importations de pétrole du Moyen-Orient, et les risques liés au détroit d'Hormuz affectent directement le coût de l'énergie pour le Japon. Le déficit commercial s'élargit, ce qui renforce la tendance à la faiblesse du yen. Par ailleurs, les fondamentaux économiques du Japon ne sont pas très optimistes : la faiblesse de la consommation, l'inflation importée qui pousse les prix à la hausse, tout cela oblige la Banque du Japon à agir avec prudence lorsqu'il s'agit de relever ses taux.

En regardant vers l'avenir, juin devient un moment clé. Le marché anticipe désormais à 76 % la probabilité que la Banque du Japon augmente ses taux à 1,0 %. Si cette hausse se réalise, l'écart de taux entre les États-Unis et le Japon se réduirait, ce qui pourrait attirer à nouveau des capitaux d'arbitrage, aidant ainsi le yen. JPMorgan est plus pessimiste, estimant que d'ici la fin de l'année, le yen pourrait tomber à 164 ; la Banque de France prévoit quant à elle une chute jusqu'à 160.

Mais pour être honnête, pour que le yen inverse réellement sa tendance baissière à long terme, il faut que le Japon fasse ses preuves. La dynamique de croissance économique doit s'améliorer de manière significative, et un cycle vertueux entre salaires et prix doit s'établir solidement, sinon la tendance du yen ne changera pas fondamentalement. À court terme, il est probable qu'il continue à fluctuer dans une fourchette élevée, et il faudra attendre pour voir un véritable retournement.
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