BTC cycle est-il invalide ? Ou est-il simplement « nivelé » — jugement à mi-2026


Après la clôture du 29 mai, le Bitcoin a clôturé autour de 73 000 dollars, avec une hausse d'environ 8 % depuis le début de l'année. Cette performance est plutôt moyenne parmi tous les « actifs risqués » — le Nasdaq a augmenté de 12 % sur la même période, l'or de 18 %, le S&P 500 de 10 %. Si l’on remonte d’un an, tout le monde aurait trouvé inconcevable que « la hausse du BTC soit inférieure à celle de l’or » ; mais en 2026, cela s’est déjà produit.
Une voix de plus en plus forte sur le marché dit — « La théorie de l’invalidation du cycle Bitcoin ». Le cœur de cette thèse est : lors des trois précédentes phases (2013, 2017, 2021), le cycle du BTC suivait une « grande impulsion » 12-18 mois après chaque halving, mais après le quatrième halving (avril 2024), cette régularité s’est dégradée. Selon la « théorie des cycles traditionnels », le BTC devrait atteindre un sommet entre la seconde moitié de 2025 et la première moitié de 2026 (150 000 à 200 000 dollars), mais la réalité est que, après avoir atteint 120 000 dollars en décembre 2024, il est resté en consolidation, tournant autour de 70 000 dollars en mai 2026.
Est-ce que cela signifie que le cycle est invalide ? Ou simplement « allongé » ? Quel est le mécanisme derrière ? Cet article veut clarifier cette question. Car cette conclusion détermine la stratégie d’allocation des actifs cryptographiques pour les 12 à 24 prochains mois — si le cycle est toujours là, simplement retardé, alors la réponse à « faut-il réduire ou augmenter ses positions » est totalement différente.
Les trois cycles précédents : quelle logique ?
Commençons par clarifier la logique des trois cycles passés. Le Bitcoin réduit son émission de moitié tous les quatre ans (réduction de la récompense de bloc), et le marché pense généralement que cette réduction limite l’offre et fait monter le prix. C’est une explication superficielle. Le mécanisme réel est plus complexe.
Premier cycle (2013) : le BTC est passé de 13 à 1100 dollars, la grande impulsion s’est produite autour du halving de novembre. La véritable force motrice était l’émergence de Mt.Gox et autres échanges centralisés + l’arrivée des mineurs chinois + la reconnaissance par les premiers investisseurs particuliers. Le « halving » n’était qu’un déclencheur, la véritable poussée venait de l’explosion du secteur de zéro à un.
Deuxième cycle (2017) : le BTC est passé de 1100 à 19500 dollars, la grande impulsion s’est produite 12-18 mois après le halving (juillet 2016). La vraie force était la folie ICO + l’essor d’Ethereum + la première prise de conscience des investisseurs de détail mondiaux. Le « halving » a été un déclencheur, mais la croissance venait de l’expansion des cas d’usage (passant de BTC pur à contrats intelligents + altcoins).
Troisième cycle (2021) : le BTC est passé de 19500 à 69000 dollars, la grande impulsion s’est produite 12-18 mois après le halving (mai 2020). La véritable force était la relance monétaire mondiale post-pandémie + l’entrée des institutionnels (MicroStrategy, Tesla) + de nouvelles narratives comme DeFi, NFT + l’attente d’une dépréciation du dollar. Le « halving » a été un déclencheur, la poussée venait de la liquidité macro + l’expansion institutionnelle.
En regroupant ces trois cycles, on remarque une chose importante : la « périodicité du halving » n’est qu’une régularité superficielle, la véritable force motrice du prix du BTC est la « nouvelle demande additionnelle apparaissant tous les quatre ans ». La première phase était les échanges centralisés, la deuxième ICO, la troisième l’entrée des institutionnels + DeFi. Chaque phase voit une nouvelle vague d’acheteurs en volume.
Alors, pour la période 2024-2026, quelle sera cette nouvelle source de demande additionnelle ? C’est la question clé.
Les nouveaux acheteurs de cette phase : ETF et trésoreries d’entreprises
Les deux principaux nouveaux acheteurs du BTC pour 2024-2026 sont : les ETF spot et les trésoreries d’entreprises (corporate treasury).
L’ETF spot est très clair. Le 11 janvier 2024, la SEC a approuvé 11 ETF BTC spot, et d’ici fin mai 2026, les flux nets cumulés dans ces ETF aux États-Unis dépasseront 150 milliards de dollars, avec près de 1,3 million de BTC détenus (soit 6,5 % de l’offre en circulation). C’est une réserve de capitaux sans précédent — aucune « instrument financier traditionnel » n’a jamais absorbé autant de BTC.
Les caractéristiques de ces acheteurs ETF :
Premièrement, ils sont très stables — selon les données internes de BlackRock, plus de 60 % des clients d’IBIT sont des fonds de pension, des compagnies d’assurance, des family offices, des investisseurs institutionnels à long terme, avec une rotation très faible.
Deuxièmement, ils sont presque dénués d’émotion — la majorité des flux ETF proviennent de placements d’allocation (ajout automatique proportionnel chaque mois), ils ne réagissent pas aux fluctuations de prix violentes.
Troisièmement, leur volume continue de croître — au premier trimestre 2026, les flux nets dépassent encore 20 milliards de dollars, à un rythme similaire à 2024-2025.
Les trésoreries d’entreprises constituent une autre ligne d’achat. Fin mai 2026, plus de 200 sociétés cotées dans le monde ont déclaré détenir du BTC en tant que trésorerie, totalisant plus de 800 000 BTC (soit 4 % de l’offre). Parmi elles, MicroStrategy (rebaptisée Strategy) détient plus de 600 000 BTC à un coût moyen inférieur à 40 000 dollars par BTC, c’est le plus gros acteur. Des entreprises japonaises, brésiliennes, hongkongaises comme Metaplanet, Méliuz, Tezzion, etc., adoptent aussi cette stratégie pour lutter contre la dépréciation monétaire.
Ces deux types d’acheteurs représentent déjà plus de 10 % de l’offre totale en circulation, et ils continuent d’accumuler chaque mois. Curieusement, cette accumulation régulière « perturbe » le rythme de hausse explosive du BTC — car ces acheteurs institutionnels achètent de façon très stable, très lente, sans provoquer de flambée comme en 2017 ou 2021.
La logique de « nivellement » du cycle
C’est la principale différence entre cette phase du cycle BTC et les précédentes — le cycle est « nivelé ».
Les trois cycles passés étaient « impulsés par les particuliers ». Ces investisseurs sont émotionnels, à court terme, à effet de levier élevé, suivent la foule. Le début d’un marché est marqué par la FOMO, la fin par la panique, avec des retracements de 50 % ou plus, puis des rebonds de 200 % ou plus. Cette structure crée naturellement alternance de grands marchés haussiers et baissiers.
Ce cycle-ci est une superposition de « capitaux institutionnels + particuliers ». Les fonds institutionnels représentent 30-40 % (ETF + trésoreries + détention indirecte via actions), ils ont des caractéristiques opposées : faible levier, long terme, investissement périodique. Ces fonds, une fois entrés, ne sortent pas rapidement — sauf en cas de crise extrême (type crise financière de 2008).
Ce mélange de « capitaux à long terme + à court terme » transforme fondamentalement le marché du BTC, le faisant passer de « marchandise » à « actif financier ». La volatilité des marchandises dépend de l’offre et de la demande, celle des actifs financiers dépend de la valorisation et de la liquidité. La fluctuation de la valorisation et de la liquidité est beaucoup plus douce que celle de l’offre et de la demande pure. C’est pourquoi cette phase du BTC semble « moins explosive » — il est devenu mature, il ne doit plus connaître des hausses folles comme en 2017.
Ce n’est pas une mauvaise chose. La baisse de la volatilité signifie que le BTC voit en réalité son « ratio de Sharpe » (rendement ajusté au risque) s’améliorer dans un portefeuille financier traditionnel. Pour les investisseurs à long terme, « monter lentement mais avec moins de chute » est une forme de maturité.
Le rôle de la Fed
À la fin mai, les attentes du marché concernant la réunion FOMC de juin sont divisées. Selon CME FedWatch, la probabilité d’une baisse de 25 points de base en juin est d’environ 45 %, celle de maintien est d’environ 50 %. Cette incertitude, presque équilibrée, est rare depuis six mois — habituellement, le marché converge vers une seule direction une ou deux semaines avant la réunion.
La division vient des données économiques elles-mêmes. D’un côté, l’inflation core PCE d’avril est remontée à 2,9 % (au-dessus de l’objectif de 2 %), le tarif douanier continue de faire monter l’inflation des biens ; de l’autre, l’emploi non agricole d’avril n’a augmenté que de 125 000, bien en dessous des attentes, le taux de chômage est passé de 4,1 % à 4,3 %. D’un côté, la pression inflationniste, de l’autre, la faiblesse de l’emploi — la situation de Powell est plus difficile qu’en 2024.
Ce contexte macroéconomique « bipolaire » est neutre à légèrement positif pour le BTC. Si la Fed baisse ses taux en juin, la liquidité accrue soutiendra la hausse des actifs risqués (dont le BTC) ; si elle maintient sa position, mais adopte une posture dovish, le marché anticipera une baisse plus tard, ce qui soutiendra le prix du BTC ; seul un scénario d’inflation hors contrôle et de resserrement monétaire forcé par la Fed serait défavorable, mais cette probabilité est très faible.
Les droits de douane sont un autre facteur clé. La politique de « tarifs réciproques » de Trump, qui a commencé à fluctuer à partir de 2025, continue de faire fluctuer le marché — augmentation, réduction, report, nouvelle augmentation. Chaque volte-face a un impact énorme sur le sentiment du marché. La période critique pourrait être juin-juillet — si les négociations sino-américaines sur les tarifs aboutissent ou échouent, cela réévaluera les anticipations économiques et inflationnistes mondiales, et le BTC suivra.
La « divergence » des altcoins
Une autre caractéristique très marquée de cette phase est que la « saison des altcoins » (hors BTC, ETH, SOL) est quasiment terminée.
Dans les trois cycles précédents, on observait un phénomène clair : après la hausse du BTC, les fonds passaient à ETH, puis aux altcoins principaux (XRP, ADA, DOT), enfin aux altcoins de niche. Cet « effet cascade » s’est produit en 2017 et 2021, avec des dizaines de fois la valorisation de presque tous les tokens.
Pour 2024-2026, cet effet cascade n’a pas eu lieu. Les fonds investis dans les ETF BTC ne sortent que très peu vers les altcoins. Deux raisons : d’abord, la « configuration cryptomonnaie » des fonds institutionnels se concentre principalement sur BTC et ETH (quelques SOL), ils n’ont pas d’intérêt pour les altcoins de niche ; ensuite, l’offre d’altcoins est passée de quelques milliers en 2017 à plusieurs millions en 2026 (y compris memecoins), la dilution rend presque impossible une hausse généralisée.
Ce cycle remplace la « saison des altcoins » par une « rotation narrative ». Les tokens liés à l’IA (Bittensor, Render), à DePIN, aux L2, aux RWA, aux memecoins ont connu plusieurs cycles de hausse, mais aucun ne peut entraîner une hausse globale du marché. C’est un signe de maturité — le marché ne monte plus en « synchronie », mais se différencie selon les fondamentaux.
Ce schéma est en réalité favorable aux investisseurs à long terme. Il oblige chacun à étudier les fondamentaux, le modèle économique, la tokenomics des projets, plutôt que de jouer à la « loterie ». Mais il est très défavorable au trading à court terme — l’époque où « acheter, c’est gagner » est révolue.
Les véritables positions de « sommet » et leur localisation dans le cycle
Revenons à la question initiale : le cycle du BTC est-il invalide ? Mon avis est — non, il est simplement « allongé » + « nivelé ».
La grande impulsion n’est pas encore arrivée. Les trois précédentes impulsions majeures étaient accompagnées d’au moins deux caractéristiques : une euphorie FOMO extrême chez les particuliers, une forte croissance des adresses actives, et un début de distribution massive par les investisseurs à long terme. Ces trois caractéristiques n’apparaissent pas encore en mai 2026 — la popularité de Google pour « Bitcoin » n’est qu’à 30 % de son pic de 2021, le nombre d’adresses actives a peu augmenté, et les données de Glassnode montrent que les investisseurs à long terme continuent d’accumuler.
Cela signifie que le « sommet » du cycle est probablement encore devant, mais que la fenêtre temporelle est plus longue que pour les trois cycles précédents. Peut-être fin 2026, peut-être début 2027, voire mi-2027. Personne ne peut prévoir précisément, mais la conviction que « le sommet n’est pas encore là » est appuyée par des données on-chain solides.
Ce qui pourrait invalider cette hypothèse, ce sont deux « black swans » : d’un côté, macroéconomique — une récession dure aux États-Unis, une chute de 30 % ou plus du marché boursier, ce qui ferait que le BTC ne pourrait pas rester à l’écart ; de l’autre, interne à l’industrie — la faillite d’un grand acteur institutionnel (par exemple une société cotée détenant beaucoup de BTC), forçant une liquidation, provoquant une panique. Ces risques ne sont pas encore la base, mais ils doivent être surveillés.
Un message pour ceux qui traversent le cycle
Pour conclure, la question la plus simple : comment un investisseur à long terme doit-il réagir dans ce contexte de « cycle nivelé + bifurcation macroéconomique » ?
Premièrement, il faut comprendre que ce n’est pas 2017 ni 2021. Il ne faut plus attendre des hausses explosives en quelques mois. La tendance probable pour cette phase du BTC est une « croissance modérée et longue » — un rendement annuel de 30-50 %, avec une baisse maximale de 25-30 %. Si vous espérez une répétition de 2017, vous devrez soit supporter la stagnation lors des phases de consolidation, soit risquer de vendre en milieu de cycle si vous n’avez pas vu de « hausse explosive ».
Deuxièmement, il faut accepter que la « rotation narrative » devienne la norme. Ne pas tout mettre sur un seul altcoin, mais diversifier dans quelques secteurs clés que vous comprenez (blockchains, DePIN, IA, RWA, infrastructure stablecoin). Répartir le portefeuille selon les fondamentaux, ajuster au fil du temps. La stratégie « tout en SHIB ou autres memecoins » multipliant par 100 n’est plus envisageable dans cette phase.
Troisièmement, surveiller les données on-chain réelles, ne pas se laisser emporter par l’émotion des influenceurs ou des médias. Glassnode, CryptoQuant, Dune offrent beaucoup de données gratuites pour jauger la température du marché — changements dans la détention à long terme, flux des mineurs, capitalisation des stablecoins, flux net dans les ETF. Ces données sont bien plus fiables que les « appels » d’un influenceur.
Quatrièmement, bien gérer ses positions, et accepter une longue attente. La plus grande opportunité de rendement du BTC vient toujours du fait de « ne rien faire dans les moments difficiles » — en 2018, en 2020, en 2022, chaque moment « difficile » a été le plus profitable. Le contexte actuel n’est ni le pire ni le meilleur, mais il faut développer la capacité à traverser les cycles.
En mai 2026, le BTC tourne encore autour de 70 000 dollars, le Nasdaq est à ses sommets historiques, l’or atteint un record, la Fed navigue entre inflation et emploi. C’est une période pleine d’incertitudes. Mais pour ceux qui ont une vision à long terme, c’est justement le meilleur moment pour construire leur cadre de référence — le marché n’est pas extrême, l’émotion n’est pas excessive, ce qui permet de voir chaque indice avec calme.
Les jugements les plus précieux sont toujours contraires à la majorité et à long terme. La « contre-opinion » de cette phase pourrait être : le cycle n’est pas invalide, il est simplement plus lent ; le sommet n’est pas encore là, mais la hausse est plus calme ; la saison des altcoins n’est plus là, mais de bons projets continueront d’émerger. En intégrant ces trois idées, il ne reste plus qu’à faire preuve de patience.
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La période de BTC est-elle devenue obsolète ? Ou est-elle simplement « lissée » — jugement à mi-parcours 2026

Après la clôture du 29 mai, le bitcoin a clôturé autour de 73 000 dollars, avec une hausse d'environ 8 % depuis le début de l'année. Cette performance est plutôt conforme à la norme parmi tous les « actifs risqués » — le Nasdaq a augmenté de 12 % sur la même période, l'or de 18 %, le S&P 500 de 10 %. Si l’on remonte d’un an, tout le monde aurait trouvé inconcevable que « la hausse du BTC soit inférieure à celle de l’or » ; mais en 2026, cela s’est déjà produit.

Une voix de plus en plus forte sur le marché — « la théorie de l’obsolescence du cycle Bitcoin ». Le cœur de cette thèse est : lors des trois cycles précédents (2013, 2017, 2021), le BTC suivait un « grand rallye » 12-18 mois après chaque halving, mais après le quatrième halving (avril 2024), cette règle s’est dégradée. Selon la « théorie traditionnelle des cycles », le BTC aurait dû atteindre un sommet entre la fin 2025 et le premier semestre 2026 (150 000 à 200 000 dollars), mais en réalité, il a atteint 120 000 dollars en décembre 2024, puis s’est stabilisé, et en mai 2026, il tourne encore autour de 70 000 dollars.

Est-ce une obsolescence du cycle ? Ou simplement un « allongement » du cycle ? Quel est le mécanisme derrière cela ? Cet article veut clarifier cette question. Car cette conclusion détermine la stratégie d’allocation en cryptomonnaies pour les 12 à 24 prochains mois — si le cycle est toujours là, simplement retardé, alors la réponse à « faut-il réduire ou augmenter la position » est totalement différente.

Les trois cycles précédents : quelle logique ?

Commençons par clarifier la logique des trois cycles passés. Bitcoin se réduit de moitié tous les quatre ans (réduction de la récompense de bloc), et le marché pense généralement que cette réduction limite l’offre et fait monter le prix. C’est une explication superficielle. La mécanique réelle est plus complexe.
Premier cycle en 2013 : BTC passe de 13 à 1100 dollars, le grand rallye se produit autour du halving de novembre. La véritable impulsion vient de l’émergence de Mt.Gox et autres échanges centralisés + l’arrivée des mineurs chinois + la reconnaissance par les premiers investisseurs particuliers. Le « halving » n’est qu’un déclencheur, la véritable force motrice est l’explosion sectorielle de zéro à un.
Deuxième cycle en 2017 : BTC passe de 1100 à 19500 dollars, le rallye principal se produit 12-18 mois après le halving (juillet 2016). La vraie impulsion est la folie ICO + l’essor d’Ethereum + la première prise de conscience des investisseurs retail mondiaux. Le « halving » sert de déclencheur, la force motrice est l’expansion des cas d’usage (du BTC pur aux contrats intelligents + altcoins).
Troisième cycle en 2021 : BTC passe de 19500 à 69000 dollars, le rallye principal se produit 12-18 mois après le halving (mai 2020). La véritable impulsion est la relance monétaire mondiale post-pandémie + l’entrée des institutions (MicroStrategy, Tesla) + DeFi, NFT, etc. + l’attente d’une dépréciation du dollar. Le « halving » est le déclencheur, la force motrice est la liquidité macro + l’expansion institutionnelle.
En regardant ces trois cycles, une chose importante apparaît : la « périodicité du halving » n’est qu’une règle de surface, ce qui fait réellement bouger le prix du BTC, c’est la « nouvelle demande additionnelle apparaissant tous les quatre ans ». La première phase a été CEX, la deuxième ICO, la troisième institutions + DeFi. Chaque phase voit une nouvelle vague d’acheteurs institutionnels ou de masse.

Et pour 2024-2026, quelle sera cette nouvelle demande additionnelle ? C’est la question clé.

Les nouveaux acheteurs de cette phase : ETF et trésorerie d’entreprise

Les deux principaux nouveaux acheteurs de BTC pour cette période sont : les ETF spot et les trésoreries d’entreprises (corporate treasury).
La ligne ETF est très claire. Le 11 janvier 2024, la SEC a approuvé 11 ETF spot BTC, et d’ici fin mai 2026, les flux nets cumulés dans les ETF BTC aux États-Unis dépassent 150 milliards de dollars, avec près de 1,3 million de BTC détenus (soit 6,5 % de l’offre totale). C’est une manne financière sans précédent — aucune « instrument financier traditionnel » n’a jamais pu contenir autant de BTC.
Les caractéristiques de ces acheteurs ETF :
1. Ils sont très stables — selon les données internes de BlackRock, plus de 60 % des clients d’IBIT sont des fonds de pension, des compagnies d’assurance, des family offices, des investisseurs institutionnels à long terme, avec un turnover très faible.
2. Ils sont presque insensibles à l’émotion — la majorité des flux ETF proviennent de stratégies d’allocation automatique (ajustements proportionnels chaque mois), sans réaction aux fluctuations de prix.
3. Leur volume continue de croître — au premier trimestre 2026, les flux nets dépassent encore 20 milliards de dollars, à un rythme similaire à 2024-2025.
Les trésoreries d’entreprises constituent une autre ligne. Fin mai 2026, plus de 200 sociétés cotées dans le monde déclarent détenir du BTC en tant que trésorerie d’entreprise, pour un total supérieur à 800 000 BTC (soit 4 % de l’offre totale). Parmi elles, MicroStrategy (rebaptisée Strategy) détient plus de 600 000 BTC à un coût moyen inférieur à 40 000 dollars par BTC, c’est le plus gros acteur. Des sociétés japonaises, brésiliennes, hongkongaises comme Metaplanet, Méliuz, Tezzion, etc., adoptent aussi cette stratégie pour lutter contre la dévaluation monétaire.
Ces deux types d’acheteurs représentent déjà plus de 10 % de l’offre totale de BTC, et continuent d’accumuler chaque mois. Curieusement, cette accumulation régulière perturbe le rythme de « forte hausse » du prix — car l’entrée de ces acheteurs institutionnels est trop stable, trop lente, sans explosion de type 2017 ou 2021.

La logique derrière « le cycle lissé »

C’est la principale différence avec les trois cycles précédents : cette fois, le cycle BTC est « lissé ».
Les trois cycles passés étaient « impulsés par les retail » : émotion, spéculation à court terme, levier élevé, suivis de FOMO, puis de paniques, avec des retracements de 50 % ou plus, et des rebonds de 200 % ou plus. Cette structure créait naturellement alternance de grands marchés haussiers et baissiers.
Ce cycle-ci est une superposition de « capitaux institutionnels + retail » : 30-40 % des fonds (ETF + trésoreries + détention indirecte via des sociétés cotées) ont une caractéristique opposée : faible levier, vision à long terme, investissement périodique. Ces fonds ne sortent pas rapidement — sauf en cas de crise extrême (type crise financière de 2008).
Ce mélange de « fonds à long terme + fonds à court terme » transforme fondamentalement BTC d’un « produit » en un « actif financier ». La volatilité des produits dépend de l’offre et de la demande, celle des actifs financiers dépend de la valorisation et de la liquidité. La fluctuation de ces deux dernières est beaucoup plus douce que la simple dynamique de l’offre et de la demande. C’est pourquoi cette fois, BTC ne monte pas aussi violemment qu’en 2017 — il est devenu mature, et ne peut plus faire des hausses folles.
Ce n’est pas une mauvaise chose. La volatilité baisse, ce qui améliore le « ratio de Sharpe » de BTC dans un portefeuille traditionnel — le « risque ajusté » est meilleur. Pour les investisseurs à long terme, « monter lentement mais moins descendre » est une forme de maturité.

Le rôle de la Fed

À la fin mai, les attentes du marché pour la réunion FOMC de juin sont divisées. Le CME FedWatch indique une probabilité d’environ 45 % d’une baisse de 25 points de base en juin, et environ 50 % de maintien. Cette division, rare ces derniers mois, contraste avec la tendance habituelle où le marché convergeait une ou deux semaines avant la réunion.
La cause de cette division est dans les données elles-mêmes. D’un côté, l’inflation core PCE d’avril remonte à 2,9 % (au-dessus de l’objectif de 2 %), avec des risques accrus pour l’inflation des biens à cause des droits de douane ; de l’autre, l’emploi non agricole d’avril n’a augmenté que de 125 000, bien en dessous des attentes, et le taux de chômage est passé de 4,1 % à 4,3 %. Entre inflation et faiblesse de l’emploi, la position de Powell est plus difficile qu’en 2024.
Ce contexte macroéconomique « bipolaire » est neutre à légèrement positif pour BTC. Si la Fed baisse ses taux en juin, la liquidité abondante soutiendra les actifs risqués, y compris BTC ; si elle maintient sa position mais adopte une posture dovish, le marché anticipera une baisse tardive, ce qui soutiendra aussi le prix. La seule situation défavorable serait une inflation hors contrôle ou une hausse des taux par la Fed, mais cette probabilité est très faible.
Les droits de douane sont un autre facteur clé. La politique de « droits de douane réciproques » de Trump, qui a commencé à fluctuer à partir de mi-2025, avec des hausses, des baisses, des reports, des nouvelles tensions, peut provoquer de fortes réactions du marché. La période critique pourrait être juin-juillet — si des avancées ou des ruptures majeures dans les négociations sino-américaines surviennent, cela réévaluera les anticipations économiques et inflationnistes, et BTC suivra.

La « divergence » des altcoins

Une autre caractéristique très marquée de cette phase est la quasi-disparition de la « saison des altcoins » (hors BTC, ETH, SOL). Lors des cycles précédents, on observait un phénomène clair : après la hausse de BTC, les fonds passaient à ETH, puis aux altcoins principaux (XRP, ADA, DOT), enfin aux petites pièces (memecoins, etc.), créant un effet de cascade. En 2017 et 2021, presque tous les tokens faisaient des dizaines de fois leur valeur.
En 2024-2026, cet effet cascade n’a pas eu lieu. Les fonds dans les ETF BTC ne sortent que peu vers les altcoins. Deux raisons principales : d’abord, l’allocation institutionnelle se concentre principalement sur BTC et ETH (quelques SOL), peu d’intérêt pour les altcoins de niche ; ensuite, l’offre d’altcoins a explosé, passant de quelques milliers en 2017 à plusieurs millions en 2026 (y compris memecoins), diluant le marché et rendant toute hausse généralisée quasi impossible.
Ce qui remplace cette « saison des altcoins » par une « rotation narrative » : les tokens liés à l’IA (Bittensor, Render), la DePIN, les L2, RWA, memecoins, etc., ont chacun leur propre mini-bull, mais aucun ne peut entraîner tout le marché. C’est un signe de maturité du cycle — le marché ne monte plus en « tout en même temps », mais se différencie selon les fondamentaux.
Ce nouveau schéma est en réalité favorable aux investisseurs à long terme. Il oblige à analyser en profondeur chaque projet, son modèle économique, sa tokenomics, plutôt que de faire du « buy and hope ». Mais il est très défavorable au trading à court terme — l’époque où « acheter, ça monte » est révolue.

Les « points hauts » et la « position du cycle »

Revenons à la question initiale : le cycle BTC est-il obsolète ? Mon avis est que — non, il n’est pas obsolète, il est simplement « allongé » + « lissé ».
Le grand rallye n’est pas encore arrivé. Lors des trois cycles précédents, le rallye principal était marqué par deux caractéristiques : une euphorie FOMO des retail, une explosion du nombre d’adresses actives, et une forte distribution par les gros investisseurs. Ces trois caractéristiques n’ont pas été observées en mai 2026 — la recherche « Bitcoin » sur Google n’est qu’à 30 % du pic de 2021, le nombre d’adresses actives n’a pas augmenté de façon significative, et les données de Glassnode montrent que les investisseurs à long terme continuent d’accumuler.
Cela indique que le « sommet » de ce cycle est probablement encore devant nous, mais que la fenêtre temporelle est plus longue — peut-être fin 2026, ou premier semestre 2027, voire mi-2027. Personne ne peut prévoir précisément, mais la position « pas encore au sommet » est fortement soutenue par les données on-chain.
Ce qui pourrait faire échouer cette hypothèse, ce sont deux « cygnes noirs » : d’abord macroéconomique — un atterrissage brutal de l’économie américaine ou une chute de 30 % ou plus du marché actions, ce qui ferait que BTC ne serait pas épargné ; ensuite, interne à l’industrie — la faillite d’un gros acteur institutionnel (par exemple une société cotée détenant beaucoup de BTC) qui forcerait une liquidation, provoquant une chute en cascade. Ces risques ne sont pas la base de scénario actuel, mais ils doivent être surveillés.

Un message pour ceux qui traversent le cycle

Pour conclure, revenons à la question la plus simple — comment un investisseur à long terme doit-il réagir dans ce contexte de « cycle lissé + division macroéconomique » ?
Premièrement, il faut comprendre que ce n’est pas 2017 ni 2021. Il ne faut pas attendre des hausses spectaculaires en quelques mois. Ce cycle de BTC sera probablement une « croissance modérée » — 30-50 % par an, avec une baisse maximale de 25-30 %. Si vous espérez un scénario de 2017, vous devrez soit supporter une longue période de stagnation, soit vendre en milieu de cycle si vous ne voyez pas de « grosse explosion ».
Deuxièmement, il faut accepter que la « rotation narrative » devienne la norme. Ne pas tout mettre sur un seul altcoin, mais diversifier dans quelques secteurs clés que vous comprenez (blockchains, DePIN, IA, RWA, infrastructures de stablecoins). Répartir le capital selon la conviction, ajuster selon les fondamentaux. La stratégie « tout en SHIB ou autres memecoins 100x » est quasiment impossible dans ce cycle.
Troisièmement, surveiller les données on-chain réelles, et ne pas se laisser emporter par les émotions des influenceurs ou des médias. Glassnode, CryptoQuant, Dune offrent beaucoup de données gratuites pour jauger la température du marché — changements dans la détention des investisseurs à long terme, flux des mineurs, capitalisation des stablecoins, flux net dans les ETF. Ces indicateurs sont bien plus fiables que les « appels » d’un influenceur.
Quatrièmement, gérer son portefeuille et accepter la longue attente. La plus grande récompense du BTC vient toujours de « ne rien faire dans les moments difficiles » — en 2018, lors du creux du marché, en 2020, lors du crash pandémique, en 2022, lors de l’effondrement de FTX. Ce sont ces moments-là qui offrent les plus grandes opportunités. Le contexte actuel n’est ni le pire ni le meilleur, mais il faut développer la capacité à traverser les cycles.
En mai 2026, BTC tourne encore autour de 70 000 dollars, le Nasdaq est à ses sommets historiques, l’or atteint de nouveaux records, et la Fed jongle entre inflation et emploi. C’est une période d’incertitude, mais pour ceux qui ont une vision à long terme, c’est aussi la meilleure fenêtre pour construire leur cadre de référence — le marché n’est pas extrême, l’émotion n’est pas excessive, et cela permet de voir chaque indice avec clarté.
Les jugements les plus précieux sont toujours ceux qui vont à contre-courant et avec une vision à long terme. La « contre-courant » dans cette phase pourrait être : le cycle n’est pas obsolète, il est simplement plus lent ; le BTC n’a pas atteint son sommet, il est juste moins frénétique ; la saison des altcoins ne revient pas, mais de bons projets continueront d’émerger. Garde ces trois idées en tête, et le reste n’est qu’une question de patience.
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MasterChuTheOldDemonMasterChu
· Il y a 2m
Il suffit de foncer 👊
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